Le bon point d'habiter dans une capitale c'est qu'il y a toujours une tas d'activités culturelles, pour tous les goûts. Comme vous savez que je suis très France Inter-Télérama (j'assume tout à fait... A ce propos j'ai découvert Radio 3, avec des émissions encore plus éclectiques que celle de France Inter, ça passe de Johnny Hallyday le samedi soir à de la musique électro arabe dans la semaine, c'est magnifique. Bref, revenons à nos moutons), et que plus l'objet de l'activité culturelle en question est étrange/inconnu, plus ça me tente, je suis allée au Reina Sofía suivre une visite guidée sur le lettrisme.
Le lettrisme est un mouvement artistique né à Paris en 1945 et qui a duré jusqu'aux environs de mai 68. Voici la définition qu'en donnait son fondateur, Isidore Isou : «Art qui accepte la matière des lettres réduites et devenues simplement elles-mêmes (s'ajoutant ou remplaçant totalement les éléments poétiques et musicaux) et qui les dépasse pour mouler dans leur bloc des œuvres cohérentes.» Vous n'avez pas tout compris? Eh bien, je vous avouerais que même après la visite, j'ai un peu de mal à résumer le contenu de cette avant garde, complètement oubliée et pourtant plus ou moins parrainée en son temps par Cocteau.

Les lettristes veulent aller au-delà du mot et de sa signification, écrivent en code, (en utilisant par exemple les symboles qui apparaissent sur la couverture du livre ci-dessus. Pratique comme tout...), se fichent de la répercussion de leurs créations sur le public, récitent des poésies alphabétiques, non plus composées de mots mais de tous les sons que peut produire le corps humain (ça file mal à la tête au bout de quelques secondes d'écoute). Ah oui et puis ils font des films. Genre ça,
"Traité de bave et d'éternité". Je sens qu'on ne va pas pouvoir vous retenir longtemps de voir le film, avec un titre comme ça. Allez chercher le pop corn, ça dure 1h18 quand même. Et l'aspirine juste après.
A part ça, j'ai vécu un moment historique il y a deux semaines. La fondation officielle de
El Mejor Partido, nouveau parti politique qui se présente aux élections municipales de Madrid en mai.

La réunion fondatrice était en fait déguisée en repas, qui n'était lui-même qu'un prétexte pour ensuite boire du gin tonic (du très bon gin tonic d'ailleurs. Ce qui a amené l'anglais assis à côté de moi à me poser cette question absurde : et on boit autant de gin tonic en France qu'en Angleterre? Dommage, je n'avais pas les résultats de la dernière enquête sur la consommation de gin tonic par les français sur les 10 dernières années. Au classement des questions absurdes qu'on te pose juste parce que tu es étranger, celle que m'a posée une fille au théâtre ce week end remporte pour l'instant la palme : Et sinon, c'est différent la France de l'Espagne? Tout ce que j'ai trouvé à répondre c'est : ben déjà il y a la différence de la langue... Si vous trouvez une réponse plus pertinente ou que vous vous ennuyez profondément et que vous voulez établir la liste des différences entre la France et l'Espagne, faites-moi signe! Re-revenons à nos moutons, mais pas les mêmes que tout à l'heure). El Mejor Partido s'inspire d'un parti politique créé lors des élections de Reykjavik, et a pour but d'offrir une alternative à l'éternel duel gauche-droite, mais de façon humoristique. Pour preuve, cette
interview du "leader" de El Mejor Partido (traduction sur demande). S'il gagne un siège de conseiller municipal, il est prévu qu'il renonce immédiatement et que le conseiller soit tiré au sort parmi des volontaires, on fait difficilement plus démocratique si on y pense bien.
Et pour finir, en ce moment je travaille sur ça :
(oui bon, je scanne et je fais du copier-coller, c'est déjà bien non?)
Au prochain épisode, des photos de mon dimanche à Chinchón qui s'est transformé à la dernière minute en dimanche à Alcalá de Henares.